Promoteurs immobiliers

Les promoteurs immobiliers privés sont des acteurs centraux -­ parmi les plus visibles – de la  gentrification, où ils ont été à l’origine de la  quasi-­totalité des mises en chantier d’habitation depuis le début des années 2000. La position privilégiée  qu’ils occupent dans le domaine résidentiel confère ainsi à leurs pratiques un pouvoir important : celui de  fixer la forme et les conditions du logement des populations urbaines pour les décennies à venir.

Le secteur économique de la promotion immobilière englobe un grand nombre d’opérations  habituellement associées aux entreprises de l’industrie de la construction, telles que le développement foncier,  les études techniques et réglementaires, la construction, la préfabrication et la mise en marché. Le  promoteur immobilier se distingue cependant des autres intervenants de la construction par la fonction de  coordination ou de « maître d’œuvre » qu’il assume dans l’ensemble du processus de production  domiciliaire, qui s’échelonne de l’acquisition d’un terrain à la vente des unités d’habitation appelées à y être  construites. À Montréal, peu de  moyens des entreprises – souvent familiales – responsables du développement du logement sont parmi les  facteurs qui expliqueraient pourquoi, de la fin du 19e siècle au début des années 1960, la formule du « plex » y aurait été préférée à celles de la maison unifamiliale et du grand ensemble locatif plus populaires dans  le reste du Canada. Cependant, depuis peu, on observe l’émergence d’entreprises qui rompent avec ce modèle « traditionnel ». Celles-ci semblent plus professionnalisées et avoir développé des capacités importantes de mobilisation de capitaux qui leur permettent de réaliser des projets de grande envergure et de mettre en œuvre des stratégies de mise en marché plus élaborées. Ces entreprises sont notamment à l’origine de nombreux projets de condos.

À Montréal comme ailleurs, peu de travaux récents traitent du pouvoir social des promoteurs immobiliers. Ce pouvoir social est au confluent de trois phénomènes importants : 1) la reproduction du système économique dominant à l’ère de la financiarisation ; 2) la production des représentations collectives structurant le développement de l’habitat urbain et 3) les modes d’organisation spécifiques des acteurs immobiliers, qui s’articulent bien souvent aux acteurs politiques.

L’axe de recherche portant sur la promotion immobilière du CRACH vise justement à mettre à jour les connaissances dans ce domaine en dressant un portrait de l’industrie de la promotion immobilière résidentielle à Montréal et en explorant certaines hypothèses au sujet de l’emprise qu’elle exerce sur le développement urbain. Les recherches portant sur ce secteur d’activité exploreront 1) la forme des entreprises qu’il regroupe, 2) les représentations sociales du domicile et de la vie urbaine mobilisées par celles-­ci, 3) les stratégies déployées par les promoteurs pour la réalisation de leurs projets et 4) l’inscription de leurs pratiques dans l’évolution des économies capitalistes avancées. Cet axe de recherche a lui aussi été formulé en réponse à des préoccupations exprimées par des groupes communautaires, tels que le POPIR­Comité logement, qui souhaitent approfondir leur connaissance de ces acteurs importants du développement résidentiel.

Le CRACH a entrepris un premier projet de recherche exploratoire intitulé Les promoteurs résidentiels dans le Sud-­Ouest de Montréal et dans l’arrondissement Ville-Marie.  Évolution, pouvoir et stratégies d’investissement. Sous la responsabilité de Louis Gaudreau, Marc-André Houle et Gabriel Fauveaud, ce projet vise à tracer le portrait des acteurs engagés dans la promotion immobilière résidentielle privée dans les arrondissements Sud-Ouest et Ville-Marie de Montréal.

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